vendredi 26 juin 2009
Blog vacant

Blog inoccupé, libre, vide.
Promis, quand je reviens, je réponds aux tags - et aux mails - je publie un billet par jour, je réponds rapidement aux commentaires, je cesse de ne parler que d'enfants - si, si, si, ne le niez pas, j'ai bien senti que je commençais à vous lasser...- bref, je me reprends et le blog devient le même en mieux. Hum hum hum.
dimanche 21 juin 2009
Etiquetée : maternante
C'est un peu comme quand on est enfant et qu'on a préparé une surprise, qu'on l'a bien cachée mais que nos parents la devinent malgré tout, simplement à notre attitude. On se demande comment ils ont bien pu s'en douter. Et eux de se dire un brin condescendants que les enfants sont bien prévisibles et se ressemblent tous.
Quand j'ai ouvert ce petit livre, j'ai souri de constater combien le témoignage de certaines mères rejoignait le mien. Il était question de donner la vie hors des sentiers balisés, de garder son enfant contre soi jour et nuit, d'allaiter en travaillant... Cependant, mon sourire s'est figé devant la bibliographie "Que lisent les maternantes ?". Stupeur angoissée de celle qui se reconnaît comme élément de base d'un ensemble sociologiquement délimité : ces livres, je les avais quasiment tous lus et appréciés.
La table des matières égrenait des choix que nous avions faits - sans jamais pour notre part les relier les uns aux autres - de la sophrologie aux couches lavables, en passant par le projet de naissance, le portage en écharpe à la maison, l'emmaillotement, les massages quotidiens, l'éducation sans violence...
Pas de parents de cette mouvance dans notre entourage, alors chacun de ces choix a été une évidence personnelle ou le point d'aboutissement d'une réflexion menée à deux. La découverte de la technique d'emmaillotage des nouveau-nés - par hasard, sur un site de vente d'occasion - m'a aussitôt séduite et convaincue. Je ne connaissais personne qui allaitait tout en travaillant mais l'enjeu m'était si cher que je n'en percevais pas les contraintes matérielles. L'écharpe, je l'ai cousue quand j'ai rendu le "porte-moi" qu'on m'avait prêté et dû trouver un nouveau système de portage pour le troisième bébé à naître. Nos amis étaient tous convaincus par la médicalisation à outrance de la naissance, le biberonnage précoce ou l'utilité de la fessée... et nous faisions figure d'arriérés ou de parents asservis à leurs enfants.
De retrouver en un seul ouvrage la plupart de ces choix que je croyais particuliers m'a rendue perplexe. Ainsi, il existe un courant, avec un nom qui permet d'étiqueter ses membres ? Je me suis sentie transparente, comme devinée. Privée de mon indépendance de pensée, dépossédée de mon libre arbitre.
mardi 16 juin 2009
7 : 48
{dehors/dedans}

Il est juste l'heure d'aller réveiller mes grands.
Pour le challenge d'Azélie.
vendredi 12 juin 2009
Obscure évidence
Le bourg était éteint, silencieux. Pas la moindre fenêtre allumée. Une silhouette qui semblait avoir froid se dressait au milieu des voitures garées autour de l'usine. Seule présence éveillée au milieu de la nuit.
L'éclairage du tableau de bord ne fonctionnait pas si bien que je ne voyais que le faisceau lumineux des phares qui refoulait l'obscurité sur les bas-côtés.
Deux billes jaunes me fixèrent puis disparurent dans les herbes hautes du fossé, laissant voltiger derrière elles un panache fauve. Avais-je bien reconnu une belette ?
Le mince ruban blanc se déroulait au fur et à mesure, m'indiquait le chemin.
A la hauteur du périphérique, quelques voitures enfin. Je m'intégrai dans un flux léger, avec cette impression d'être dans la course, de m'inscrire au nombre des travailleurs. Là, les lampadaires étaient allumés, éclairant par intermittence le visage et les mains du bébé. Sur les ponts, je dus me faire violence pour détacher mon regard des reflets tremblotants laissé par les réverbères qui bordaient les quais.
A la gare, je sortis la poussette, tellement incongrue à cette heure. Dans le silence de la ville, un livreur amusé engagea la conversation sur ce bébé matinal. En entrant dans le grand hall, je me retins de ne pas saluer les rares voyageurs. Un sourire seulement.
4h39, j'étais en avance. Juste le temps de songer aux promesses de la journée, aux fallacieuses et surtout aux vraies. Aux inconnus que je saluerais et découvrirais. A l'étrange clarté de fausses retrouvailles.
jeudi 4 juin 2009
Un souvenir
La lumière du matin entrait dans la chambre en étroites barrettes verticales. On entendait des sauts de l'autre côté du mur, si énergiques que le sol en tremblait. Des cris aussi mais sans malveillance, juste des éclats de jeux et de joie.
Par les interstices des volets, le jour fendait la pénombre. Allongé contre moi, son corps encore chargé de la tiédeur et la mollesse de la nuit, il tétait calmement. Sa main droite s'agrippait fermement à mon vêtement, formant de part et d'autre de petits plis serrés.
Révélées à la faveur des rais de soleil, des milliers de particules planaient, suspendues, presque immobiles. Comme dans ces bibelots dont raffolent les enfants où la neige lentement tombe sur une scène typique, les paillettes de lumière nous enveloppaient de leur nostalgique présence.
C'était hier. Et cet autre souvenir-là, c'était il y a un an, la veille de la conception de Bambinot. Toute ressemblance...


