Telle

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dimanche 30 août 2009

Automate

les_bras_m_en_tombentC'était un jour de vacances comme les autres. J'étais là à débarrasser la table du petit-déjeuner, à nettoyer le lavabo après m'être brossé les dents, à ouvrir une porte, à faire chauffer de l'eau, à lancer une machine de linge, à penser au menu du déjeuner, à répondre au téléphone, à changer une couche, à plier quelques vêtements, à lire mes mails, à grimacer en riant, à essuyer des traces de doigts, à faire avancer des voitures en plastique, à ranger la table du salon, à donner à la cuillère une purée de légumes, à essuyer une bouche, à chanter une comptine... 

En réalité, je n'étais pas . Moi seule le savais. J'étais ailleurs, ou plutôt à une autre heure. J'étais à lire dans le hamac, à arroser les boutures de rosiers et d'hortensias, à coudre un saroual, à marcher entre les haies couvertes de mûres, à préparer la reprise, à boire silencieusement un thé, à poser une cire argentée sur la peinture finement poncée, à écrire à un ami, à laisser glisser mon corps dans l'eau.

Quelques photos trompeuses me montrent - souriante - auprès du dernier-né qui avait fini de téter. Automate consciencieux, je faisais illusion.   

Posté par telle à 00:43 - ... selon son humeur aussi - Commentaires [29] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 20 août 2009

vacances_27_juin_au_11_juillet_2009_161

(et ce n'est pas Marie qui viendra me contredire...)

Posté par telle à 00:11 - ... et une maman - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 16 août 2009

Je me livre

1_ao_t_2009_033Longtemps, je me suis couchée de bonne heure. 19h30 dernier délai. Avec la permission de lire un peu avant d'éteindre. Je devais certainement avoir conscience de ne pas prendre ce un peu selon la même acception que ma mère puisque, en entendant mes parents aller se coucher, je sortais la lampe de poche pour continuer.

Peut-être est-ce à cette habitude que je dois mon plaisir de lire dans le silence d'une maison endormie, confortablement assise ou immergée dans l'eau chaude. Peut-être est-ce à cette habitude que je dois l'impression diffuse de faire mal quand je lis, ainsi que cette étrange manie de fermer précipitamment mon ouvrage en voyant quelqu'un arriver. Autant dire que je ne supporte pas qu'on lise au-dessus de mon épaule et que je me garde bien de le faire aux autres. Si ce n'est pour connaître le titre tout de même.

Bien sûr, on m'a déjà offert un livre. Je ne me suis jamais écriée, comme paraît-il Mistinguett en son temps : "Quel dommage, j'en ai déjà un !", bien au contraire. Pourtant, on m'en offre de moins en moins, sans doute par crainte de l'erreur. La très grande majorité des livres est empruntée et je n'achète que ceux que je veux relire. Je viens d'ailleurs de lire pour la deuxième fois L'Invitation à la vie conjugale d'Angela Huth dont j'apprécie le ton grinçant et caustique. Je ne saurais en dire plus car je n'aime pas parler de mes lectures. D'autres le font beaucoup mieux et  je me sens incompétente. M. Tell lit tout ce que j'ai apprécié et inversement (à l'exception toutefois des opuscules de La Musardine, lectures que je me garderai bien d'avouer de toute manière).  

Pas de séries mais j'épuise mon adoration d'un auteur donné par la lecture de son oeuvre intégrale. Il me faut aller au bout de sa démarche, découvrir quelques tics d'écriture, des défauts de construction, une propension au bavardage pour être enfin à même de passer à un autre. Je ne cherche pas à rencontrer les auteurs que j'admire tant je crains d'être déçue.

Si un livre ne m'apporte rien, je l'abandonne. A vrai dire, je me soucie comme d'une guigne de l'histoire racontée ;  si trois phrases m'ont paru éclairantes et bien tournées, je suis satisfaite. Belle du Seigneur, voilà un roman qui m'a marquée, et je me souviens parfaitement de l'été où je l'ai lu. Il faisait chaud et la manière qu'a Cohen de mettre en scène les clichés m'a accompagnée des jours durant. La longueur ne m'est pas un frein. Pourtant, j'ai abandonné moult fois La Recherche alors que j'ai raffolé de certains longs extraits.

Quand, à 20h30, nous embrassons notre fille et que M. Tell l'enjoint à ne pas lire trop longtemps avant d'éteindre, je souris et répète la recommandation, en insistant bien sur le trop, sachant qu'elle seule saura découvrir quelle signification lui donner.

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Le Chat a voulu que je réponde à ce questionnaire et puis mon cher Valclair aussi. Une fois n'est pas coutume, j'ai obtempéré. Pardon pour tous ceux auxquels je n'ai pas répondu.

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Bilan de mes bonnes résolutions de juin :

je réponds aux tags - et aux mails - (les mails attendront encore un peu)

je publie un billet par jour (promesse tenue - deux jours)(il n'y a pas à dire, ce n'est pas mon rythme)(un billet par semaine, voire deux, voilà qui me convient)

je réponds rapidement aux commentaires (sur ce coup-là, je suis assez fière)

je cesse de ne parler que d'enfants (j'ai tenu deux jours aussi)

[comme quoi... Telle ne ment pas toujours...]

Posté par telle à 00:47 - ... aux nombreux plaisirs - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 8 août 2009

Adaptation

23_et_24_juillet_2009_045La porte venait de se fermer derrière nous. Brutalement démunie, secrètement amputée, je refoulais mes larmes. Tandis que ses deux autres petits frères se bousculaient en courant, elle s'exclama soudain : "Comme ça fait bizarre, non ?"

Elle qui en se levant s'était précipitée vers moi, les sourcils inquiets, pour me glisser un "C'est aujourd'hui..." anxieux et triste. Elle seule y avait pensé.

Dans la voiture qui nous ramenait à la maison, j'avais l'impression d'être attachée à l'arrière par un élastique qui s'étirait à chaque mètre parcouru, tendu jusqu'à la limite de la rupture. "Moi, c'est mon coeur qui bat à toute vitesse. C'est parce que je m'inquiète trop qu'il lui arrive un malheur". Parmi les rires insouciants de ses frères, elle répétait en litanie "Il n'est pas là, bébé" jusqu'au moment où elle découvrit un bavoir oublié.

Le nez plongé dans l'odeur familière du lait renvoyé, elle retrouva sa sérénité. Peu de temps après m'être gentiment moquée de ses excès, je la suppliai de me passer le bavoir et, camées achevées, nous sniffâmes tour à tour ce stupéfiant stupéfiant.

Posté par telle à 00:06 - ... et une maman - Commentaires [27] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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