samedi 31 octobre 2009
Impudique
Le jour où j'ai décidé que vous auriez un droit de regard sur mes lectures, je me suis sentie nue.
Le jour où j'ai donné mon accord à Katell pour son généreux projet, je me suis sentie impudique.
J'avais longtemps hésité auparavant, interrogé la vertu du procédé, redouté la vanité de l'entreprise.
Aujourd'hui, je ne me sens pas honteuse. Ni vulnérable d'ailleurs. Mais impudique, toujours. Indécente et peut-être indélicate.
Pour moi, est impudique non pas celui qui exhibe ce qui est habituellement caché mais celui qui impose au regard de l'autre plus qu'il n'a demandé. La pudeur ou l'impudeur se jouent dans la relation à l'autre, bien plus que dans le rapport de soi à son corps.
Vous voilà prévenus. Si vous osez cliquer, ne venez pas ensuite vous en plaindre à moi !
(et la concomitance de soucis de santé de M. Tell - pas aux seins, rassurez-vous - me laisse croire que si, suite à ces photos, une seule lectrice se décide à prendre rendez-vous avec sa gynécologue pas rencontrée depuis longtemps, nous n'aurons pas été impudiques pour rien)
dimanche 25 octobre 2009
La roue qui tourne
Ils s'en faisaient une joie, trois tickets rouges après la crêperie.
Elle est montée, son sésame à la main. Déçue que les avions lui soient interdits. Pas exactement interdits, juste inaccessibles à cause de la taille de ses jambes.
Ses deux petits frères hurlaient de joie en décollant à plusieurs mètres du sol. Tandis qu'ils nous lançaient à chaque tour de grands signes joyeux, juchée sur un cheval de bois, elle agitait simplement la main, un sourire un peu triste aux lèvres.
Le sentiment amer de l'ingratitude de sa déception l'empêchait de manifester sa déconvenue.
Le destrier et sa cavalière s'élevaient bien peu. Le cheval - même pas une licorne - ne daignait s'envoler. Sans la légère frayeur qu'elle aurait été fière de vaincre et sans l'émerveillement innocent, le manège pour elle tournait à vide.
Sans griserie, sans ivresse, elle tournoyait et tournoyait encore, désenchantée.
La magie, elle, s'était envolée. Ma fille avait grandi.
dimanche 11 octobre 2009
Au jardin, la nature agonise somptueusement,

avec éclat,

panache,

superbe,

dignité et humilité.

Face à cette débauche de couleurs, je me dis que j'aimerais - au moment voulu -

quitter sans regret les moments heureux

et, à l'instar des Inuits délaissant leur heure venue tribu et chaleur,

avancer droit devant sans me retourner,
et m'enfoncer dans le blanc.



